Au moment où se tient à Lomé le sommet extraordinaire des Chefs d’Etat africains sur la sécurité maritime, sommet qui se passe dans un contexte mondial dominé par les questions liées aux migrations avec des statistiques qui annoncent au 30 Août 2016, la mort de 3165 migrants vers l’Europe morts en mer méditerranée. Au même, des centaines de milliers d’exclusions forcées sont enregistrées en violation flagrante des principes de droits de l’Homme. Les organisations de la société civile africaine venues des différentes régions du continent ce sont réunies dans la capitale togolaise pour réfléchir de manière plus globale, sur cette problématique qui touche d’une manière ou une autre au développement du continent.

Les organisations présentes encouragent la tenue d’une telle rencontre, qui participe au renforcement de la solidarité par la mise en commun des idées et des moyens, en vue du bien-être des populations Africaines.

Cependant les OSC relèvent que, si la mondialisation et les évolutions technologiques permettent à l’heure actuelle la circulation de plus en plus rapide des marchandises et des flux financiers entre les quatre coins du globe, il est toujours regrettable de constater que l’Afrique occupe une place déficitaire dans la balance des échanges internationaux. Il n’est un secret pour personne que les ressources africaines en mer ne profitent pas toujours aux peuples africains. Elles sont exploitées par des entreprises transnationales sans contre partie conséquente pour les populations. Les ressources en poissons ont baissé drastiquement face à la pêche anarchique menée sur nos côtes par les bateaux asiatiques, européens et américains. La flore et la faune marine autour du continent, autrefois admirés, par les touristiques occidentaux est de plus en plus décimée par le versement en mer des déchets créés par l’exploitation minière. Une telle situation a généré une pauvreté grandissante dans les communautés habitant sur les côtes et vivant autrefois de pêche. Ces populations n’ont d’autres choix que de se livrer aux trafics de tout genre et en bout de courses au départ très souvent périlleux vers l’occident pour un espoir de survie. Loin de réfléchir aux causes du développement de la piraterie maritime aux larges de nos côtes, à la recrudescence des trafics humains, de drogues, d’armes et au départ massif vers d’autres continents par voie marine, les dirigeants africains ont  tendance à faciliter les choses aux firmes internationales et aux pays qui pillent nos ressources.

Les OSC réunies à Lomé tiennent à rappeler aux dirigeants Africains, que la lutte pour la protection de l’espace marin comme terrestre, certes indispensable a la stabilité de l’Afrique, doit se faire dans le respect des droits fondamentaux, en particulier le droit a la mobilité des personnes principal facteur de l’intégration Africaine.

Une fois encore la société civile africaine, porte voix de toutes les populations du continent, dénonce cette situation de fait et rappelle qu’aucun développement n’est possible en Afrique sans la prise en compte des besoins profonds des populations. Les populations africaines ont besoin de vivre des ressources de leurs mers et de leurs sols et ne veulent plus les voir exploiter par d’autres. Les populations africaines désirent produire et se nourrir des ressources du continent et non exporter leurs matières premières à des prix fixés par l’occident et acheter en retour des produits fort coûteux pour leur poche. Les populations africaines ont enfin envie, de pouvoir aller où ils veulent quand elles le veulent, sans que des obstacles comme des politiques migratoires sécuritaires ne soient mis sur leur route.

En ce sens la société civile africaine lance un appel aux Chefs d’Etat africains réunis à Lomé, d’écouter la voix de leurs peuples pour faire de la charte sur la sécurité maritime, une charte garantissant non seulement la protection des personnes, mais surtout l’intégration et la souveraineté de l’Afrique.

 

Fait à Lomé le 14 octobre 2016

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